Hiver québécois!

Hiver québécois!

Posted on 12/02/2012

 

Hiver sur le campus
Hiver sur le campus: Arbres nus sous un ciel bleu d’hiver sur le campus de l’université de Sherbrooke

Mes amis des pays chauds avaient peur pour moi quand j’ai annoncé notre retour au Québec. Plusieurs ne pouvaient pas imaginer vivre dans une température en dessous du zéro.

Mes amis du Québec me demandent souvent si la chaleur d’Egypte me manque et si je m’habitue au froid québécois.

Cette année, l’hiver québécois me semble être particulièrement doux, pour ne pas dire “lâche”. Il n’ose pas encore frapper. Je me suis bien préparé pour l’affronter. Un peu trop, peut-être

L’hiver européen et du Moyen-Orient est dur cette année. La pluie est venue laver le Caire plusieurs fois, alors que de mes huit années là-bas, je n’ai vu la pluie que 2 ou 3 fois. Il y a eu de la grêle à Alexandrie. Le Liban grelotte. La Syrie vit plutôt une situation très chaude… avec la révolution de ses citoyens et la répression sanglante du régime.

 

Mon ami québécois me parle de politique!

Mon ami québécois me parle de politique!

Posted on 09/12/2012

A l’instar de mon ami libanais, mon ami québécois me parlait cette semaine de bien de choses. La plupart de nos discussions portent ce temps-ci sur la politique. Mon ami est un fin observateur de la politique de son pays, mais il n’est activement impliqué dans aucun parti. Il rêve, mon ami, ou bien, devrais-je dire, il rêvait de voir son pays indépendant, libre et tout et tout. C’est pour réaliser ce rêve que mon ami a toujours voté pour le parti indépendantiste. Tout récemment, il avait hâte que le gouvernement annonce les élections pour en finir avec ces décideurs qui ne décident pas, ces gouverneurs qui ne gouvernent plus, ces politiciens de tour d’ivoire qui semblaient habiter une autre planète que celle qu’habitent leurs électeurs.

Mon ami me disait qu’il avait hâte de voter pour “éjecter ces gens-là” et voir arriver une nouvelle équipe de politiciens, un nouveau gouvernement plus proche des gens et plus “groundé”. Ça a été fait! Son parti a gagné et a formé un gouvernement minoritaire.

J’ai rencontré mon ami québécois la semaine dernière. Il n’était pas  du tout content. Il m’a dit:

“Je suis déçu par ce qui se passe depuis quelques semaines dans mon Québec à moi. C’est comme si la chaise des ministres contenait un virus prêt à attaquer quiconque occupe cette responsabilité. Virus impitoyable qui attaque la capacité de penser et paralyse une bonne partie de toutes les fonctions de jugement, de discernement, de mesure. Avant d’arriver à ce poste, ils sont brillants, fonceurs et prêts à te bâtir un pays de toute pièce. Le virus les attaque et ils deviennent menteurs, débiles, ne voient plus que leur nombril et s’arrachent les morceaux comme s’il y avait une urgence à mal agir. Les promesses sont oubliées, sinon reniées, les improvisations pillulent, les amis hululent et les nominations partisanes placent les amis et les moins amis dans des postes les plus importants. ”

Mon ami reprend son souffle. Il dit: “Tiens! On a plusieurs journalistes dans notre gouvernement actuel. On les croyait intelligents, leaders, libres penseurs même. L’un se met à dos tous ceux et celles avec qui il est supposé travailler. Pauvre lui, il n’a jamais géré ni entreprise, ni école, ni université ni même une garderie. Il doit maintenant gérer un réseau de 19 universités, des organismes de recherche et d’innovation, des initiatives de dialogue national, des lois, des mesures, des … des…. des….

L’autre semblait être destiné au poste. Par défaut. Faute de mieux! Mon ami ne savait pas exactement. Il avoue ne l’avoir jamais aimé ni été fan de ses publications ni de ses positions politiques. Mais il l’admirait comme journaliste, comme chroniqueur, et polémiste. Et paf! On se demande, me dit mon ami, ce qu’il fait là. A-t-il perdu sa liberté de pensée, son initiative, ses capacités de penser et de décider? Est-il en position de décider ou bien ne serait-il pas juste une façade pour des décisions du patron? Est-il plutôt tellement imbu de lui-même que ses décisions sont brouillées comme une soupe au pois? Combien de fois s’est-il trompé, excusé et surtout rendu ridicule envers les électeurs et autres députés. Mon ami a une théorie assez intéresante d’ailleurs sur ce personnage. Il dit: “Lui là! Il ne peut pas durer à cette place-là. Il va être le premier à quitter le bateau avant même les nouvelles élections. Tu verras, me dit-il, il ne supportera pas encore longtemps cette position où il se ridiculise ou se fait ridiculiser à cause de son patron. Il est tellement fier de son personnage, orgueuilleux qu’il ne tardera pas à lâcher ce patron, comme il en a lâché d’autres par le passé.”

Mon ami pense que le souverainiste que ce ministre est, a montré un visage de “vieux séparatiste, ennemi des anglos, des étrangers, des allophones, des Canaiens comme on n’en a pas vu depuis les années 1980.” Ce n’est pas comme cela qu’on ouvre le pays à l’international et que l’on gère la diplomatie d’un pays comme le Québec.

Le troisième personnage-journaliste déserpère mon ami au plus haut point. Mon ami ne sait même pas quel poste occupe ce ministre. Il le voit à côté du patron, ou en train de commenter, de réagir, de grimacer et de protester. Mais il ne le voit pas agir, me dit-il!

Je plains mon ami Québécois et j’espère que son découragement ne durera pas longtemps. Il en sera tellement malheureux qu’il aura encore hâte aux prochaines élections. Il ne voterait probablement plus pour la “même gang”. Et ce sera une première fois pour lui, et peut être la dernière fois qu’il verra “ces politiciens improviser l’avenir de tout un pays !”

Interview à Radio Canada Vancouver

France Alumni

En décembre 2015, à l’occasion du lancement du réseau France Alumni, j’ai donné une interview à la radio francophone de Radio Canada à Vancouver que l’on peut écouter ici.

A Radio Canada Vancouver
A Radio Canada Vancouver, Décembre 2015
Avec Rafael Pont, attaché culturel au Consulat général de France à Vancouver
Avec Rafael Pont, attaché culturel au Consulat général de France à Vancouver

Zaïm: Family name

ZAÏM

الزعيم

Il y a quelques années, j’en ai trouvé au Maroc. Je pensais qu’il n’y en avait qu’à Tripoli, au Liban. Les premiers que j’ai vus à Beyrouth me semblaient des martiens. Je savais qu’il y en avait en Syrie, mais on les connaissait par un personnage très connu dont j’avais lu le nom dans les livres d’histoire. Plus tard, j’ai lu un nom dans les journaux, il était recherché par les autorités de son pays. Un homonyme à moi était auteur dans un grand journal de défense. Pas mon genre, je jure….

Il y en a en Palestine.  En Egypte, aussi. Tiens! Le Mamelouk Mahmoud Lotfi El Zaïm, gouverneur de Tripoli Liban venait d’Egypte, m’a-t-on appris. Mon oncle m’avait montré la plaque qui porte son nom sur la porte de la Mosquée El Moaalak, dans la vieille ville de Tripoli, Place Defterdar, pas loin de Bab ElRamel. Mon oncle tenait à ce que je connaisse cet ancêtre. Sois. Plus tard, j’ai appris que mon grand-ancêtre avait aussi construit la Mosquée Taham, pas loin de la Mosquée Moaalak, et tout aussi surelevée qu’elle. Moaalak veut dire “suspendu”.

J’ai souvent visité ces deux mosquées de Tripoli, sans jamais savoir pourquoi étaient-elles suspendues. El Taham est presque invisible de la rue, il faudra (il fallait) passer dans la petite ruelle, derrière le vendeur de persil pour emprunter les escaliers menant à la mosquée. J’ai grimpé une fois dans le minaret pour prendre des photos de la coupole. C’était pour un travail sur l’architecture romane et l’architecture mamelouke, que je devais soumettre à mon professeur de Civilisations en première année d’université. J’avais pris une centaine de photos de Tripoli, et bien sûr, j’ai pour l’occasion sillonné les rues de la vieille ville, chose que j’aimais faire depuis mon enfance.

Les deux mosquées sont suspendues sur une arcade (chacune) qui surplombe la petite rue. La Mosquée Moaalak est aussi en partie sur le flanc d’une petite pente ou colline qui mène vers AbouSamra, le quartier suspendu lui aussi sur une colline de Tripoli, la colline où se trouve la Citadelle. J’avais jamais imaginé la Mosquée Moaalak et son attachement à cette colline. En fait, alors que j’empruntais un jour les escaliers qui mènent de la citadelle (juste en face de l’entrée de la citadelle, quelques mètres plus bas, il y a des escaliers. Ce sont les escaliers de Akbat El….. je ne sais plus) vers Souk Al-Attarine, une porte entrouverte et attenant à un jardin m’a attiré l’attention. C’est le jardin, et plus particulièrement un palmier-dattier et un bananier m’ont attiré vers ce jardin. Poussant la porte en compagnie d’un ami québécois en visite à Tripoli, j’ai été accueilli par un groupe de Monsieur qui nettoyaient le jardin et réparaient un petit mausolée, couleur jaune Tripoli.

C’était le mausolée de Mahmoud Lotfi El Zaïm, et le jardin était celui de la Mosquée El Moaalak. On est encore plus haut que le souk, à hauteur de la Mosquée. Ce qui fait que le jardin aussi est suspendu, moaalak.

J’ai passé quelques heures avec ces gentils messieurs qui s’occupaient du jardin et du mausolée de mon grand ancêtre. On a mangé du maamoul, le fameux gateau tripolitan de la fête, car c’était la fête et Luc, l’ami québécois, ne pouvait plus en manger un de plus tellement il en avait mangé tout au long de cette semaine de février 2005 qu’il a passée au Liban.

Mise à jour en juillet 2016: J’ai découvert un homonyme qui vit en France et qui est auteur romancier.

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Mausolée de Mahmoud Lotfi El Zaim, Mosquée El Mouallaq, ou homonyme.

1001 Nuances de gris en Egypte!

1001 Nuances de gris en Egypte!

Posted on 16/08/2013

Peut-on vraiment décrire en noir et blanc la situation en Égypte ou dans n’importe quel autre pays en état de crise? Je me pose cette question chaque fois que je lis ou que j’écoute les nouvelles de l’Égypte.

La situation de conflit polarise les tensions et les intérêts. On est pour ou contre telle ou telle attitude politique, on aime et on hait. On prend partie pour telle ou telle autre formation politique. Mais dans le feu de l’action, les intervenants appartiennent à tout le spectre des formations politiques. Les profiteurs et les comploteurs en profitent aussi. Ceux et celles qui veulent faire avancer leur agenda, servir leurs propres intérêts, ou les intérêts de leurs maîtres aussi en profitent et versent de l’huile sur le feu pour l’attiser ou tout simplement pour empirer la situation et contribuer à ruiner le pays.
A lire les analystes, entendre les journaliste, on dirait que seules deux formations politiques mènent une lutte armée à coups de répression de manifestations, de tirs lacrymogènes, de tirs à balles réelles. Et des centaines de victimes/martyrs (C’est selon!) tombent d’un côté ou de l’autre.
Mais cette vision binaire du monde reparti en bon/ mauvais, islamiste/laïc, démocrate/dictateur, jeune/vieux, riche/pauvre, pro-Morsi/anti-Morsi, musulmans/chrétiens, etc., est trop facile pour être vraie. La réalité, trop compliquée pour être présentée en quelques minutes au télé-journal, est tout autre. Tous les musulmans ne sont pas islamistes. Tous les islamistes n’appartiennent pas à la confrérie des frères musulmans. Tous les frères musulmans ne sont pas violents ni armés. Et tous ne sont pas Égyptiens, pas plus que tous les démocrates ne sont chrétiens ou pro-occident. Qui alors parle aux noms des Égyptiens  musulmans qui ont voté pour une voie religieuse, conservatrice, pro-pauvres et démocrates de surcroît, ou ceux chrétiens qui ont voté pour le parti de Morsi?
Tous les anti-frères musulmans ne sont pas des pro-Mubarak ni des felouls de l’ancien régime. Il y a des électeurs  déçus par les agissements du gouvernement Morsi pendant l’année de règne depuis les élections de 2012. Il y a les militaires qui ont perdu du pouvoir. Il y a les militaires qui n’avaient pas le pouvoir quand c’était le parti qui dirigeait le pays, contrairement à ce que l’on pensait et disait. Il y a aussi les aspirants démocrates qui en déclenchant la révolution en janvier 2011 n’ont pas su gagner les élections de 2012 faute d’organisation et de leaders à la hauteur. Il y a ceux et celles qui de plus en plus pensent que leurs votes ont été volés et qui accusent maintenant les États-Unis d’avoir amené les frères musulmans au pouvoir.

Tous les manifestants ne sont pas membres de la confrérie, ni nécessairement pro-Morsi. Il a les honnêtes gens qui y croient. Il y a aussi les voyous qui l’exploitent, les casseurs, les suiveurs, les chômeurs, les professeurs, les joueurs, et beaucoup de voyeurs, des touristes de la guerre et meneurs d’OSBL payés par des développeurs et des rêveurs de démocratisation au Moyen-Orient. Une nouvelle génération de colonisateurs déguisés en moralisateurs désintéressés.
Il y a tous ceux et celles qui appellent les Occidentaux (entendre les Américains et l’OTAN) au secours et ceux et celles qui les somment de ne pas s’en mêler, alors que ce sont ces mêmes derniers qui souhaitent ou souhaitaient  une intervention occidentale salvatrice des Syriens comme des Libyens  avant.

1001 nuances de gris, comme dans 1001 nuits, mais aussi comme dans le rouge du sang qui coule sur le sable du désert ou Will arrose le vert des oasis, qui se mêle au bleu du Nil, et au blanc des robes de prières des Égyptiens tayyibines que j’ai côtoyés pendant quelques années.

1001 nuances de gris, comme tous les lecteurs et observateurs devraient apprendre à nuancer les images et les vidéos qu’ils voient sur Internet ou même à la télé. Toutes les confusions induites par les uns et les autres, que ce soit les journalistes, les analystes, les partisans, les profiteurs, les malveillants et les ignorants. 1001 nuances de compréhension de ce qui se passe et de ce que les manifestants font et défont. 1001 nuances de positions politiques, sociales, économiques, idéologiques, et religieuses.

L’Egypte n’a jamais été d’une seule couleur, ni limitée à deux positions. À côté d’Al Azhar, plusieurs autres ecoles de pensée y circulent. L’église copte élit son Pape parmi les Égyptiens, et toutes les autres églises chrétiennes y ont élu domicile et trouvé refuge alors que d’autres pays comme le Liban, la Syrie et la Grèce souffraient. Les meilleurs lecteurs du Coran, les meilleurs auteurs, poètes, romanciers et les meilleurs artistes en sont originaires. Quel autre pays du Moyen-Orient a eu autant de prix Nobel,  et la reine de la danse orientale a toujours été l’Égypte.
Alors, de grâce, en analysant le présent égyptien, ne le réduisons pas à deux camps ennemis. Ne parlons pas de guerre civile et de divisions en pour et contre. La situation est plus complexe que cela.

Mon ami libanais me parle de la grève!

Mon ami libanais me parle de la grève!

Posted on 09/12/2012

Mon ami libanais m’a raconté:
Le Liban était et est toujours objet de plusieurs conflits et de plusieurs tendances socio-politiques. On se plaisait à dire qu’on était en train de nous battre entre nous, mais plus souvent on se battait plus pour les autres. Les grèves étaient pour la plupart générales et imposées à tous. On ne pouvait pas vraiment s’opposer à la grève car cela nous exposait au danger de subir les foudres de celui qui a déclenché la grève. Il fallait se taire et suivre, à moins de vouloir se battre et courir des risques.

Élève, je trouvais les journées de grève excitantes et même édifiante à tous les niveaux. C’était l’occasion de se bâtir une conscience politique et sociale, de renforcer les relations d’amitié avec les copains et copines, et surtout aussi de se rapprocher des professeurs et administrateurs, les connaître un peu plus, et surtout se faire connaître et reconnaître par eux. Il n’était pas rare que la horde d’élèves se divisent en pour et contre la grève. Même situation s’observait chez les professeurs tout aussi impactés que nous, élèves, par les grèves et par les motifs et les actions qui amènent la grève. Plusieurs de nos professeurs étaient politisés, surtout les jeunes parmi eux. On discutait politique avec eux, de façon instructive, sérieuse ou moins sérieuse. Il y en a qui s’affichaient ouvertement de telle ou telle obédience. On devinait les allégeances politiques des autres, ou on pensait les deviner, à leur accoutrement, leur nom, leur ville ou village d’origine, et ainsi de suite. Nous pouvions nous tromper et nous nous trompions fréquemment, mais cela ajoutait à la surprise de la découverte et donc de notre apprentissage.

Mon ami libanais marquait un silence au souvenir d’une des périodes de guerre au Liban pendant laquelle sa région était dominée par l’armée syrienne. Les milices pro-syriennes avaient le haut du pavé à Tripoli et venaient de mater les milices anti-syriennes dans une de ces batailles qui commencent et finissent on ne sait pas pourquoi et quand et comment. Comme le lycée où je finissais mon bacc était situé dans le quartier de Jabal Mohsen, il fallait négocier tous les jours les relations ou les non relations avec les autres, ceux et celles (plutôt rares) qui étaient censés étudier, mais qui tout en étant étudiants sur les mêmes bancs scolaires que nous, passaient leurs journées à embêter les professeurs, draguer les filles, et surtout déambuler dans la cours d’école. Je ne pouvais pas jurer qu’ils étaient miliciens. Par contre, ils le prétendaient et défendaient la position de la milice de leur région. Un jour, la grève était initiée par leur groupe ainsi que par le mouvement pro-syrien. Sans raison convaincante, et à quelques jours des examens, nous avions décidé de nous opposer à cet appel à a grève et exiger de rentrer en classe. Notre groupe de “studieux”, ainsi nous appelaient-ils, était chétif, composé de 7 ou huit étudiants non politisés, jeunes, voulant en finir avec le lycée en arrachant un diplôme et s’arrachant du même coup à la trainerie du lycée. La confrontation même verbale entre les “studieux” et les grévistes n’était pas sans enflammer la crainte, sinon la peur, de l’administration et des professeurs. La sagesse du directeur faisait souvent en sorte de calmer les ardeurs et de nous raisonner. Ce jour-là, le professeur de physique acceptait de donner son cours, faisant fi de la grève et des manifestations dehors. Notre groupe est entré et a suivi les trois heures de cours tel que prévu. A la sortie de l’école, on nous attendait avec des bâtons et surtout avec une pluie de souliers et des menaces avec des revolvers brandis en l’air. Sauve qui peut, dirait-on aujourd’hui, le cœur bondissant dans notre poitrine, mais l’excitation au summum. Je me souviens encore de la gang formé de quatre larrons courir sous la pluie dans une pente descendante vers la ville, se réfugier dans la maison familiale de l’un d’entre nous la plus proche de l’école. Le rire l’emportait souvent. Un rire d’insouciance, et de victoire, mêlé à des discussions, des rêves et des idées discutées haut et fort, et qui finissait souvent par un repas préparé et offert par la mère de l’un d’entre nous quand ce n’est pas le fruit de nos tentatives culinaires plus ou moins ratées.

A ce moment-là, mon ami libanais cesse de parler, respire profondément le regard perdu dans le plafond comme s’il regardait le passé à travers un trou qui m’est invisible. J’évite de le déranger pour ne pas le ramener au présent et de peur de lui couper le fil qu’il semble tenir par le bout des doigts de sa pensée. C’est fragile ! Et difficile de lui arracher des souvenirs, et de lui demander de les raconter.

Taxi… taxi…

Taxi… taxi…

Posted on 14/06/2011

Taxi… taxi…

Ce mot devrait devenir le slogan de Beyrouth. C’est juste une perception, peut-être, mais j’ai l’impression que le nombre des taxis dans cette belle capitale dépasse le nombre de passagers. Les chauffeurs agissent comme des chasseurs agressifs que l’on vient de relâcher pour la saison de la chasse aux touristes et aux clients. Ils sont partout: devant votre hôtel 5 étoiles, 4 étoiles et même 3 étoiles. Ils sont au coin de la rue Hamra, sur la corniche, sur les rond-points, et même dans les dédales des petites rues attenantes.

A la sortie de l’hôtel Crowne Plaza, ils t’assaillent de leurs cris stridents et compétitifs. Pas moins de cinq taxis dans une compétition au plus haut cri, tout en levant son bras pour attraper le premier touriste qui se pointe le nez devant la porte de l’hôtel.  Chacun d’entre eux se bat pour attirer votre attention, sans être nécessairement convaincant de sa volonté de te servir. Après tout, je ne suis pas sûr qu’il soit là à t’attendre pour te servir. Il est là à l’affût de la première victime qui ne sait pas dans quelle direction est la mer ou les rues piétonnes de Solidere, probablement seuls lieux touristiques de cette ville.

Ils attendent… attendent…. attendent. Combien d’heures attend le chauffeur de taxi devant l’hôtel Rotana Gefinor? J’ai l’impression qu’il est là à attendre toute la journée. A-t-il eu des clients aujourd’hui? A-t-il bougé sa voiture? Est-ce pour cela que son prix est trois fois plus élevé que le prix de la course que j’ai faite avec un taxi au bout de la rue à côté?

En matière d’attente, il y a aussi le chauffeur qui fait le trottoir de Hamra. Il est là à jaser avec ses collègues et à te lancer un « Taxi… » sans même te regarder parfois. Celui-là,  c’est l’espèce de chasseur qui tire sur tout ce qui bouge, même son ombre. Il n’est pas novice, mais il a l’air de s’amuser ou de souffrir d’une maladie nerveuse ou un tic qui le fait répéter inconsciemment « Taxi, Taxi? ».

J’en ai vu un, un matin, qui s’était apporté une de ces petites chaises de bois et paille que l’on trouvait dans les cafés de quartier et parfois dans les cafés-corniche (comme café trottoirs, mais provisoirement installés sur la corniche). Stationné à côté de son taxi, qui lui-même est stationné au coin d’une rue attenante à Hamra, celui-là avait quelque chose de plus vieux et de plus courtois. Il se levait en voyant une chasse potentielle approcher, la visait dans les yeux et lui tirait « Taxi… Taxi? ».  Il ne tardait pas de s’assoir quand le gibier continuait son chemin, ou lui répondait avec un regard négligeant ou un Timide non merci (la, choukrane).

Le taxi de ce matin a failli me renverser. Dans une petite rue parallèle à Hamra, je l’ai vu de loin. Un gros Mercedes vert (oui, il y en a encore), qui s’est mis à accélérer comme s’il fuyait quelque chose ou quelqu’un. J’ai eu peur et j’ai reculé, renonçant à traverser cette petite rue de 3 mètres de large. Il a freiné juste devant mon nez et m’a demandé ma destination, et pourtant je n’avais manifesté le moindre besoin de taxi ni de transport. Tout ce que je voulais c’était traverser la petite rue de 3 mètres.

En matière de variété,  les taxis de Beyrouth sont de toutes les couleurs. J’en ai compté une vingtaine (de couleurs). Faut-il dire qu’il y en a de toutes les confessions? Mais c’est fou! Si les taxis de l’aéroport sont blancs, pourquoi il y a des blancs dans les rues de Beyrouth? Si on a harmonisé les taxis pour l’aéroport, pourquoi pas pour Beyrouth? Le Caire a ses taxis noirs et blancs, Damas à ses taxis jaunes, Amman a ses taxis jaunes (intérieur de la ville) et ses taxis blancs pour la longue distance. Casablanca a ses  طاكسي Taxis rouges, etc.  Et Beyrouth, elle? Ma foi, on a l’impression que toutes les couleurs et toutes les marques sont valables dans cette ville pleine de couleur. Et tous les âges aussi bien que les règles! Règles? À propos, comment calcule-t-on le prix d’une course? 2000 livres par personne pour le service. Mais c’est quoi un trajet et quoi un service, si dès que tu déclares ta destination, le chauffeur te crie…. Taxi?

– Oui, taxi. Sinon, t’es quoi toi? Un bus?

Erreur mon ami, car alors que tu pensais payer 2000 livres, tu vas payer au moins 10000. Le  « Taxi? » de ce chauffeur ne voulait pas dire :

– Est-ce que tu veux un taxi?

Mais voulait dire :

«Est-ce que tu acceptes de payer la voiture entière comme si tu la nolisais pour toi. Donc, 5 passagers multiplié par 2000 donne 10000.

Le calcul est bon si et seulement si la destination qu’on a demandée correspond au trajet que le chauffeur avait tracé pour son service de “service”. Un trajet de “service” est quelque chose comme une ligne imaginaire tracée par les taxis d’un quartier ou d’une région de la ville et dans laquelle ils évoluent aller-retour sans la dépasser indûment sauf à la demande d’un passager qui est prêt à payer le …”taxi”, ou 5 fois son 2000 livres.

Le trajet de service est aussi un réseau de trajets qui se chevauchent et se complètent selon le point de localisation (géolocalisation) de la voiture au moment où le passager hèle le taxi…

PS: Désolé Beyrouth! Je préfère les stations de taxi de Tripoli…

From Tahrir to taamir to taghyeer

From Tahrir to taamir through taghyeer

Posted on 05/07/2011

The World Conference of Science Journalists (WCSJ2011) was held in Doha Qatar from 27 to 29 of June 2011. I had the chance to share with the participants my thoughts about the role of social media in catalyzing the uprising and revolts in Middle East, as well as the uses of the same social media in the re-construction phase.

Using the metaphor of a journey from Tahrir (Liberation, and name of the largest square in Cairo), to Taamir (translated as to build), I showed some examples of the ways people used social media in Tunisia, Egypt, Syria and other countries. Facebook was necessary but not sufficient, in my opinion. Facebook as a communication, networking, mobilizing, informing and organizing tool, not as a company. Then we analyzed the usage of social media for national debate, citizens’ consultation, discussion of the constitutional reforms, as well as mobilizing and engaging in social and political debates across Arab countries. Creating new opportunities is one of the benefits of social media in this renewing era. Creative industries like music, TV shows, movies, etc. are witnessing new generation of products and producers moving from the streets to YouTube (Sout El Horreya) , and even to TVs like Bassem Youssef Show.

The journey from Tahrir to Taamir should pass however by the Taghyeer (to change). If we dont understand how to change, we cannot reach Taamir and build on solid basis. To understand, more scientific research is needed on the changes happening in the Arab society and in the region as well as in other countries of Africa (SénégalY en a marre,Révolution Sénégalaise) and Asia (and not forgot Europe, although more economic reasons and lack of trust in Policy makers are behind the demonstrations in Spain and Greece).

Research should be done on the ways to improve citizens’ life, how to implement good  governments and good governance process. Research should address the ways to create more opportunities for all: individuals and enterprises, men and women, local and foreigners, how to improve their participation in the society on all level. In a country like Egypt, the debate about the date of the next elections and the whole roadmap towards a new democracy is somehow governed by the timing and readiness issues. Some political movements are arguing they are not ready to enter such a crucial elections in such a short period of time. Indeed, research should ask questions like the role of political parties, how to build new parties, how to involve and engage with citizens, how to collaborate, create alliance, negotiate agendas and  programs.

So, ICTs in general (including mobile telephony as access devises and services) and Social media in particular have a crucial transformative role in this period and journey going from Tahrir to Taamir through Taghyeer.

See SciDev Blog on the presentation, and this short video on YouTube. Ask me for the PowerPoint and notes.

Photos

PHOTOS

Je ne sais plus quand est-ce que j’ai pris mes premières photos. Je me souviens que le flash de l’appareil photo avait la forme d’un cube transparent que l’on fixait sur l’appareil et qui servait pour quatre prises. Il tournait lorsqu’on rechargeait l’appareil pour un nouveau tir.

Mon dernier appareil encore en usage est un Canon PowerShot A95, qui affiche depuis quelques semaines la fameuse E18. Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est E18, c’est un message qui s’affiche sur l’écran de votre appareil photo qui refuse de démarrer et d’ouvrir son objectif tout en faisant un petit bruit de grognement. Il a un grain de sable dans l’oeil… Sérieux, il semble que c’est à cause d’une éventuelle poussière coincée dans l’objectif. Le mien a commencé ces symptômes lors d’un week-end dans le désert blanc d’Égypte. Le diagnostic est clair, non? Un grain de sable ! C’est comme quand, tout jeunes, on mangeait de la crème glacée (Ice Cream =  بوظة bouza en arabe) et que le lendemain on était malade. Même pas besoin d’aller voir le médecin. 

Mars 2007: Je viens d’acquérir un appareil Canon PowerShot S3 IS, que j’aime bien, malgré son poids et son encombrement. La revue qui en est faite sur cette page m’a convaincu de ses qualités. En août 2007, j’ai acquis le Canon A630, plus compact et plus léger.