Mon ami québécois me parle de politique!

Mon ami québécois me parle de politique!

Posted on 09/12/2012

A l’instar de mon ami libanais, mon ami québécois me parlait cette semaine de bien de choses. La plupart de nos discussions portent ce temps-ci sur la politique. Mon ami est un fin observateur de la politique de son pays, mais il n’est activement impliqué dans aucun parti. Il rêve, mon ami, ou bien, devrais-je dire, il rêvait de voir son pays indépendant, libre et tout et tout. C’est pour réaliser ce rêve que mon ami a toujours voté pour le parti indépendantiste. Tout récemment, il avait hâte que le gouvernement annonce les élections pour en finir avec ces décideurs qui ne décident pas, ces gouverneurs qui ne gouvernent plus, ces politiciens de tour d’ivoire qui semblaient habiter une autre planète que celle qu’habitent leurs électeurs.

Mon ami me disait qu’il avait hâte de voter pour “éjecter ces gens-là” et voir arriver une nouvelle équipe de politiciens, un nouveau gouvernement plus proche des gens et plus “groundé”. Ça a été fait! Son parti a gagné et a formé un gouvernement minoritaire.

J’ai rencontré mon ami québécois la semaine dernière. Il n’était pas  du tout content. Il m’a dit:

“Je suis déçu par ce qui se passe depuis quelques semaines dans mon Québec à moi. C’est comme si la chaise des ministres contenait un virus prêt à attaquer quiconque occupe cette responsabilité. Virus impitoyable qui attaque la capacité de penser et paralyse une bonne partie de toutes les fonctions de jugement, de discernement, de mesure. Avant d’arriver à ce poste, ils sont brillants, fonceurs et prêts à te bâtir un pays de toute pièce. Le virus les attaque et ils deviennent menteurs, débiles, ne voient plus que leur nombril et s’arrachent les morceaux comme s’il y avait une urgence à mal agir. Les promesses sont oubliées, sinon reniées, les improvisations pillulent, les amis hululent et les nominations partisanes placent les amis et les moins amis dans des postes les plus importants. ”

Mon ami reprend son souffle. Il dit: “Tiens! On a plusieurs journalistes dans notre gouvernement actuel. On les croyait intelligents, leaders, libres penseurs même. L’un se met à dos tous ceux et celles avec qui il est supposé travailler. Pauvre lui, il n’a jamais géré ni entreprise, ni école, ni université ni même une garderie. Il doit maintenant gérer un réseau de 19 universités, des organismes de recherche et d’innovation, des initiatives de dialogue national, des lois, des mesures, des … des…. des….

L’autre semblait être destiné au poste. Par défaut. Faute de mieux! Mon ami ne savait pas exactement. Il avoue ne l’avoir jamais aimé ni été fan de ses publications ni de ses positions politiques. Mais il l’admirait comme journaliste, comme chroniqueur, et polémiste. Et paf! On se demande, me dit mon ami, ce qu’il fait là. A-t-il perdu sa liberté de pensée, son initiative, ses capacités de penser et de décider? Est-il en position de décider ou bien ne serait-il pas juste une façade pour des décisions du patron? Est-il plutôt tellement imbu de lui-même que ses décisions sont brouillées comme une soupe au pois? Combien de fois s’est-il trompé, excusé et surtout rendu ridicule envers les électeurs et autres députés. Mon ami a une théorie assez intéresante d’ailleurs sur ce personnage. Il dit: “Lui là! Il ne peut pas durer à cette place-là. Il va être le premier à quitter le bateau avant même les nouvelles élections. Tu verras, me dit-il, il ne supportera pas encore longtemps cette position où il se ridiculise ou se fait ridiculiser à cause de son patron. Il est tellement fier de son personnage, orgueuilleux qu’il ne tardera pas à lâcher ce patron, comme il en a lâché d’autres par le passé.”

Mon ami pense que le souverainiste que ce ministre est, a montré un visage de “vieux séparatiste, ennemi des anglos, des étrangers, des allophones, des Canaiens comme on n’en a pas vu depuis les années 1980.” Ce n’est pas comme cela qu’on ouvre le pays à l’international et que l’on gère la diplomatie d’un pays comme le Québec.

Le troisième personnage-journaliste déserpère mon ami au plus haut point. Mon ami ne sait même pas quel poste occupe ce ministre. Il le voit à côté du patron, ou en train de commenter, de réagir, de grimacer et de protester. Mais il ne le voit pas agir, me dit-il!

Je plains mon ami Québécois et j’espère que son découragement ne durera pas longtemps. Il en sera tellement malheureux qu’il aura encore hâte aux prochaines élections. Il ne voterait probablement plus pour la “même gang”. Et ce sera une première fois pour lui, et peut être la dernière fois qu’il verra “ces politiciens improviser l’avenir de tout un pays !”

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